| Food
Security II -African Hunger |
Nécessité de nouveaux efforts de la part des Etats Unis afin de réduire la faim et la pauvreté en Afrique To view this document in Adobe Acrobat format (20 Kb) Un briefing par le Partenariat pour la Réduction de la Faim en Afrique. Le 12 Février, 2001- Version provisoire pour passage en revue dans les consultations domestiques et africaines. LE DÉFI: Un tiers de la population de l'Afrique Sub-Saharienne--presque 200 millions d'habitants--vont au lit affamés. Trente et un million d'enfants africains de moins de cinq ans sont mal-nourris. Ces problèmes sont aggravés par la pauvreté, la guerre, le SIDA et la dégradation de l'environnement. En termes de souffrance humaine, de baisse de productivité économique et de pertes de ressources intellectuelles, les coûts sont bouleversants. L'Afrique est vouée à la catastrophe si nous ne réussissions pas à proposer des solutions pertinentes à ces problèmes le plus tôt possible. Les conséquences seraient considérables pour le monde entier et exigeraient des solutions coûteuses aux Etats-Unis et aux autres nations. LE BÉNÉFICE D'UNE NOUVELLE STRATÉGIE AMÉRICAINE: L'insécurité alimentaire est une menace à la sécurité nationale. La propagation de la faim et de la pauvreté en Afrique stimule les conflits a travers le continent. Ces conflits coûtent beaucoup aux Etats-Unis et aux autres pays industrialisés en termes de financements des programmes de maintien de la paix et de l'aide internationale aux réfugiés. Les coûts annuels du programme de maintien de la paix de l'ONU en Sierra Léone et en République Démocratique du Congo se chiffreront à US$646 millions dans 2000/01, l'équivalent de presque 60% de toute l'aide au développement international des Etats-Unis (y compris l'aide alimentaire) requis pour l'Afrique dans le budget américain au cours de l'année budgétaire 2001. Les investissements stratégiques pour reduire la faim et pour développer des systèmes alimentaires peuvent réduire la participation coûteuse des Etats-Unis dans la résolution des conflits en Afrique dans l'avenir. Au sommet mondial de l'alimentation de 1998, les Etats-Unis se sont engages à aider des pays africains à réduire la faim de moitie en Afrique d'ici 2015. Tout programme d'actions qui réussira à accroître la productivité agricole et celle du système alimentaire en général, pourra non seulement aider les Etats-Unis à honorer ses engagements mais pourra également engendrer la stimulation d'une croissance économique globale tant dans le secteur agricole que dans d'autres secteurs, baisser les prix des vivres pour le consommateur rural et urbain et augmenter les revenus réels. L'implication directe de tels programmes d'actions est l'allégement de la souffrance humaine par la production de ressources locales pour supporter les programmes intégrés afin d'améliorer la santé, l'alimentation, l'éducation et la gouvernance démocratique. Ceci peut aussi offrir aux entreprises américaines des opportunités de commerce et d'investissements et en même temps permettre l'amélioration de la sécurité et de la qualité des produits alimentaires et des autres produits exportés d'Afrique pour le consommateur américain. IL Y A ESPOIR POUR L'AFRIQUE: Les images d'enfants africains mourants de faim, de conflits, d'orphelins du SIDA, et de dictatures, peignent le tableau d'un continent désespéré. Cependant, de nombreux pays au sud du Sahara accomplissent des progrès considérables. Au cours des quinze dernières années, beaucoup de pays africains ont entamé la reforme de leurs économies et de leurs gouvernements. Ces réformes ont stimulé la croissance économique et ont donné plus de liberté aux citoyens quant à leur participation a la politique de gouvernance de leur pays. Vingt-trois pays africains au sud du Sahara (plus de 60 % de la population dans région) ont pu accroître les revenus par personne de 1995 à 1999. Plus de la moitié des pays au sud du Sahara (deux-tiers de la population) ne souffrent d'aucun conflit sérieux, et selon «Maison de la Liberté» (Freedom House), sont politiquement «libres» ou «partiellement libres». Des pays aussi différents les uns des autres tels que le Mali, l'Afrique du Sud, le Ghana, et le Mozambique ont adopté la démocratie du multi-partisme. L'Ouganda et l'Ethiopie, une fois considérés comme pays au-delà de tout espoir, ont reformé leurs économies et stimulé la croissance. Le Nigéria, la Zambie, le Mali, et d'autres pays ont pris des responsabilités dans le maintien de la paix dans la région. Plusieurs facteurs ont contribué à ce progrès. La fin de la guerre froide a réduit le soutien externe aux dictateurs et augmenté les pressions internes pour amener tout citoyen à répondre de ses actes. Les réformes économiques douloureuses ont commencé à porter fruits, après des années d'austérité. L'accès à de nouvelles technologies a servi comme moyen de liaison étroite entre les Africains et le monde de la science et des affaires, encourageant ainsi la croissance et l'éclosion d'un ensemble de marchés nationaux et mondiaux générateurs de nouvelles opportunités pour les agriculteurs africain POURQUOI UNE NOUVELLE STRATÉGIE AMÉRICAINE: En Afrique l'USAID a évolué principalement à partir d'un programme de développement à long terme pour ensuite changer d'orbite et devenir une organisation concentrée sur les programmes à plus court terme telle que l'assistance d'urgence. Il va sans dire que les efforts à l'endroit de la survie des enfants et de la santé, des micro-entreprises, et a l'amélioration d'un climat propice pour le commerce et les investissements des Etats-Unis sont importants. Mais le progrès en Afrique ne peut être soutenu sans une croissance économique globale. Pourtant, depuis 1986, les fonds de l'USAID destinés au financement de ce qui constitue le pivot des économies africaines--le système agro-alimentaire--ont diminue de deux-tiers. Si l'Afrique reste dépourvue de croissance économique, les crises ne pourront que se multiplier dans l'avenir. Cette diminution des fonds destinés au système agro-alimentaire doit être revue pour trois raisons. Premièrement, les améliorations de politiques macro-économiques adoptées sur insistance des réformateurs n'améliorent pas automatiquement la croissance économique dans les zones rurales-- où 65-75% de la population vivent. L'Afrique ne possède pas encore assez des technologies requises, d'institutions publiques, d'infrastructure et de main d'oeuvre éduquée que les expériences d'autres pays à travers le monde démontrent nécessaires pour une croissance économique rapide. Deuxièmement, renforcer les éléments-moteurs d'une croissance économique--amélioration des technologies, du capital humain et des institutions--est en soi un processus à long terme. En se basant sur des objectifs à court terme, peut-être pour anticiper les attentes de «l'Acte de la Performance du Gouvernement et des Résultats» (Government Performance and Results Act) de 1993, l'USAID s'est éloignée des domaines qu'elle avait traditionnellement supportés--domaines tels que la formation et le support de la recherche agricole à long terme. Ces efforts soutenus ont aidé, dans le temps, à bâtir la fondation pour les succès modestes que beaucoup de pays africains ont connus ces dernières années. Troisièmement, aujourd'hui l'aide des Etats-Unis à l'Afrique est biaisée vers les crises d'urgence. La réduction des fonds globales destinés à la coopération à incité les promoteurs d'activités essentielles telles que la survie des enfants, la lutte contre le SIDA, les micro-entreprises et la protection de l'environnement, à chercher des moyens législatifs de protéger «leurs» financements. Des lors, le soutien de la croissance économique à long terme grâce à l'agriculture et au développement du système alimentaire a diminué. Sans les ressources générées par des économies croissantes, les pays africains ne pourront pas gérer les crises actuelles, et dans l'avenir il y aura un besoin accru pour une augmentation de l'aide extérieure. CADRE CONCEPTUEL POUR UNE NOUVELLE STRATÉGIE: Les efforts entrepris par les Etats-Unis doivent aider à stimuler les économies africaines, à réduire la pauvreté, et à aider les pauvres à se nourrir eux-mêmes. Les Etats-Unis doivent assister les nations africaines à améliorer la performance du secteur agro-alimentaire. Aucun pays n'a pu réduire la pauvreté de manière substantielle et stimuler la transformation économique sans au paravent, accroître considérablement la productivité de son système agro-alimentaire. La conception du système agro-alimentaire comme tronc commun de tous les secteurs économiques ne pourra qu'aider à éviter les crises futures et générer les ressources internes de l'Afrique pour s'attaquer aux préoccupations humanitaires telles que l'amélioration de la santé, la nutrition et l'éducation. Une croissance économique globale générée par l'amélioration du système agro-alimentaire peut contribuer de manière significative à la réalisation d'autres priorités importantes. L'utilisation de techniques efficaces pour promouvoir la survie de l'enfant, telles que les vaccinations et la thérapie de réhydration orale, ne peut être soutenue à long terme que dans une économie de plus en plus croissante pour aider au financement de ces services et si les familles ont le revenu nécessaires pour se les offrir. De programmes meilleurs d'éducation (particulièrement pour des filles) et de nutrition exigent une croissance économique locale pour être durable. La protection de l'environnement sera rehaussée parce que la croissance de la productivité agricole réduit les pressions qui poussent à l'expansion des exploitations agricoles jusqu'aux terres fragiles et à augmenter le cloisonnement de carbone dans une biomasse plus luxuriante. Les engrais chimiques, substitués à des intrants organiques qui nécessitent l'emploi de beaucoup de main-d'oeuvre, peuvent permettre à des ménages dont les soutiens principaux ont été tues ou handicapées par le SIDA, à continuer à produire une partie de leur propre nourriture. La stabilité politique sera rehaussée par une augmentation des opportunités d'emploi favorable à une main-d'oeuvre naissante et à des prix plus stables des produits de base. ÉLÉMENTS DE LA NOUVELLE STRATÉGIE: (Ces éléments seront développés encore plus dans les semaines à venir selon les réactions et commentaires de dirigeants et d'organisations clefs en Afrique et aux USA). L'aide des Etats-Unis pour réduire la faim en Afrique devrait se baser sur l'expertise distincte des Etats-Unis. Il n'y a pas de solution miracle. La croissance économique en Afrique exige des efforts soutenus sur période 15 a 20 ans. Des progrès tangibles à moyen terme peuvent être accomplis en aidant les nations africaines à: Développer des programmes et des politiques qui renforcent la capacité des agriculteurs, des entreprises commerciales et des marchés afin qu'ils soient concurrentiels dans l'économie globale. Les pays africains ont besoin de continuer à ouvrir leurs économies au secteur privé et à rendre le processus de leur politique de gouvernement plus transparent. Ils ont besoin d'aide pour le renforcement de leur capacité locale afin d'analyser et formuler des programmes et des politiques qui mettront en valeur les partenariats entre secteurs publics et privés et stimuleront une croissance globale. Relevant d'une importance particulière seront l'augmentation de la production agricole et l'avènement des produits africains à un niveau plus compétitif sur le plan international. L'urbanisation rapide et la croissance du commerce international et régional vont offrir des opportunités aux agriculteurs mais aussi mettre la pression sur les dispositions commerciales existantes. La revalorisation des infrastructures de transport est nécessaire, mais les efforts de revalorisation sont mieux entrepris dans le cadre d'une assistance multi-latérale. Renforcer l'éducation et la formation dans les zones rurales, et solidifier les institutions publiques. L'éducation est particulièrement essentielle pour le progrès économique et la qualité de la vie dans les zones rurales. Les femmes, en particulier, ont besoin d'un niveau d'alphabétisation amélioré, d'une meilleure éducation pour leurs carrières et de qualifications de base pour améliorer la santé et la nutrition de leurs familles. Les économies africaines sont limitées par le déclin du nombre de scientifiques, d'éducateurs et de spécialistes en vulgarisation et le manque d'institutions de formation. Parmi les principales victimes de la vision à court terme de l'USAID sont les programmes tels que la formation à long terme et le renforcement des institutions qui ont connu un déclin, en particulier dans le secteur agricole. La formation et le développement des institutions ont constitué les contributions majeures des Etats-Unis au développement économique de l'Asie et de l'Amérique latine dans les années 50 et 60. Le progrès de beaucoup de pays africains dans les années 90 était dû en partie aux contributions des scientifiques et des analystes de politique formés des années plus tôt aux Etats-Unis. Les nouvelles technologies de l'information offrent de plus grandes opportunités pour une formation moins coûteuse et le développement d'institutions moins coûteux, grâce à des partenariats liant des universités africaines et américaines dans les domaines de l'agriculture, la biotechnologie, et l'analyse de politique. Développer la recherche agricole et les programmes de vulgarisation pour exploiter les technologies existantes et nouvelles, telles que la biotechnologie et les technologies de l'information; promouvoir de nouveaux liens avec les entreprises commerciales; et éviter les dommages a l'environnement. La recherche agricole et alimentaire en Afrique est limitée, malgré les réformes substantielles entreprises récemment par les systèmes nationaux de recherche agricole. Les programmes de recherche et de vulgarisation doivent répondre aux besoins des agriculteurs et aux demandes du marché. La biotechnologie offre des opportunités importantes pour augmenter les rendements, améliorer les cultures pour des conditions locales, et réduire les dommages à l'environnement. Une fois qu'une technologie agricole est développée, elle doit être acheminée vers les agriculteurs, les commençants, et les transformateurs. Une plus grande utilisation des partenariats entre secteurs publics et privés, la compétition pour les bourses ou subventions pour la recherche, et des liens avec les chercheurs agricoles des Etats-Unis constituent des moyens pour mieux développer et diffuser les nouvelles connaissances ayant une importance capitale. Les nouvelles technologies de l'information offrent des opportunités importantes d'étendre ces collaborations. Améliorer la gouvernance rurale. Beaucoup de pays africains sont en train de décentraliser les services, créant ainsi des unités locales de gouvernement et une société civile vibrante. Dans les zones rurales où la plupart des Africains vivent, ces changements permettent une plus grande initiative locale de la part des organisations d'agriculteurs, des associations locales de gestion de l'éducation et de la santé, et des gouvernements de communes rurales et de municipalités. Les Etats-Unis, grâce à ses solides connaissances du fédéralisme et des services de vulgarisation, sont mieux équipés pour aider les Africains à améliorer ces organisations locales. Etablir des liens entre les programmes d'aide alimentaire d'urgence et les programmes de développement à long terme. Les urgences humanitaires demeureront. Ces dernières années, le gouvernement des Etats-Unis à accompli des progrès considérables en incorporant une perspective de développement à plus long terme dans ses opérations d'aide d'urgence. Ce genre de vision doit continuer à guider ces actions. Coordonner les programmes alimentaires et agricoles avec les programmes d'actions de combat contre le SIDA. La tragédie grandissante du SIDA pose un défi énorme. La FAO prédit qu'au moins un quart d'ouvriers agricoles disparaîtront d'ici l'an 2020 dans les neuf pays (tous en Afrique australe et orientale) les plus touchés par le SIDA. Les technologies agricoles doivent être développées en tenant compte des besoins particuliers de ces économies rurales qui sont gravement limitées. Le système agro-alimentaire peut largement contribuer à la lutte contre le SIDA qui se propage rapidement dans des zones rurales. Par exemple, les services de vulgarisation peuvent donner des conseils sur la santé et la nutrition, et les systèmes de commercialisation des produits agricoles peuvent être mobilisés pour distribuer des préservatifs. |