Food Security II
  -African Hunger

STRATEGIE POUR LA REDUCTION DE LA FAIM EN AFRIQUE --Part 6

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(159) COMPÉTITIVITÉ DANS LA NOUVELLE ÉCONOMIE MONDIALE

(160) L'agriculture africaine d'aujourd'hui est caractérisée par une faible intensité en intrants modernes, un niveau bas d'investissements, la production de produits de basse valeur. Comment passer de ce modèle à un modèle plus intensif en intrants modernes et d'investissements produisant plus de produits de haute valeur. Il y a sept étapes nécessaires pour faire cette transformation.(26)

1. (161) Changer le paradigme.

2. (162) Continuer à reformer le rôle de l'état.

3. (163) Développer un partenariat entre le secteur privé et le secteur public.

4. (164) Investir dans la génération du savoir et de la technologie.

5. (165) Investir dans l'infrastructure rurale.

6. (166) Donner plus de pouvoir aux agriculteurs.

7. (167) Développer des dispositions sophistiquées pour la commercialisation des produits, l'application des contrats et le partage de risques.

(168) Changer le paradigme

(169) Un proverbe dit:"Mon peuple périt à cause de son manque de vision."Ceci a été particulièrement vrai pour l'Afrique, où, pour la plupart, la vision qui a motivé la plupart des politiciens a été celle du court terme afin de maintenir le pouvoir. Jusqu'aux années récentes, dans très peu de pays il y a eu un débat politique global, encore moins un consensus, sur la direction que le pays devrait prendre. Il y a eu une capacité de prendre des positions vagues sur un futur idyllique, mais peu de bonne volonté pour transformer ces positions en un plan d'actions ou en une stratégie pertinente. Le manque d'une stratégie de transformation a signifié deux choses: (1) une concentration sur le court terme par rapport au long terme et (2) un manque de débat sur l'idéologie dominante. Maintes fois, les termes de l'aide ont renforcé cette vision sur le court terme en raison de la pression sur les agences donatrices pour "placer des fonds" et "démontrer des résultats." Pendant la guerre froide, comme mentionné plus tôt, les États-Unis et l'Union Soviétique ont fourni de l'aide en grande partie pour des buts stratégiques, souvent sans questionner les politiques économiques de leurs alliés africains. En conséquence, soit les gouvernements ont développé des politiques et des programmes dont le but était de maintenir leur base politique (et en Afrique ceci signifie utiliser souvent le gouvernement comme instrument pour distribuer les faveurs économiques et politiques; ceci a nuit à la bonne gouvernance) ou bien alors ils ont développé des politiques et des programmes basés sur des paradigmes économiques et politiques totalement voués à l'échec.

(170) Pour la majeure partie de la période de l'indépendance, le paradigme qui prévalait en ce moment, a été basé sur l'industrialisation pour substituer les produits nationaux aux importations, un type d'industrialisation prôné par l'état. Les leaders de l'opinion africaine parlèrent de "se hisser au sommet de l'économie" et ont été supportés dans ces efforts par beaucoup de donateurs. Les leaders ont pensé que la modernisation et l'industrialisation étaient synonymes et que le seul moyen de favoriser l'industrialisation était de protéger la base industrielle contre la concurrence étrangère. Par ailleurs, ils se méfièrent des capitaux privés, dont une grande partie venait de l'étranger, sous forme de grandes compagnies appartenant à l'ancienne puissance coloniale ou de petites compagnies gérées par les minorités ethniques telles que les Sud-Asiatique en Afrique australe ou les Libanais en Afrique de l'Ouest.

(171) Le nouveau paradigme de développement est l'inverse total de l'ancien. Il fait la promotion de l'exportation aussi bien que de la substitution des produits nationaux aux importations, met l'accent sur l'agriculture comme engin de la croissance plutôt que sur l'industrie tout juste, et il doit être basé sur une croissance guidée par le secteur privé plutôt que le secteur public. En général, une grande partie de l'Afrique a adopté ce modèle - le consensus de Washington. Mais ceci est un paradigme de fin de vingtième de siècle. Ce n'est pas visionnaire, et ne reflète pas entièrement les changements engendrés par la mondialisation. Un modèle de développement du vingt-et-unième siècle doit, de façon dialectique, faire la synthèse entre l'ancien et le nouveau. Plus précisément, il doit être basé sur un rôle de l'état qui est beaucoup moins grand que celui envisagé par le dirigisme, mais beaucoup plus grand que celui envisagé par le consensus de Washington. D'égale importance, est le fait qu'un modèle du vingt-et-unième siècle doit aller au delà des modèles traditionnels de l'avantage comparatif. Il doit atteindre les modèles décrits par Michael Fairbanks comme des modèles de "l'avantage concurrentiel". Ces modèles envisagent que la capacité concurrentielle de l'économie n'est pas aussi passive et sensible aux incitations de prix qu'elle ne l'est dans les modèles traditionnels de l'avantage comparatif. Les nouveaux modèles exigent une recherche active d'opportunités de marchés; dans ces modèles les sociétés privées et l'état coopèrent pour établir la base institutionnelle nécessaire au renforcement de la capacité concurrentielle de l'économie.(27) En plus, et encore plus important, le nouveau paradigme considère les opportunités régionales et mondiales, comme n'étant plus basées sur les facteurs traditionnels de production tels que le sol et la main d'oeuvre, mais basées plutôt sur le savoir et l'information.

(172) L'exemple suivant peut aider à décrire les différences entre les nouveaux

et les anciens paradigmes.

(173) L'Industrie de la floriculture en Ouganda. Le principal pays exportateur mondial des fleurs possède peu de terre, une main d'oeuvre coûteuse et un mauvais climat. Ce que les Pays Bas possèdent, c'est une expertise technique de première classe, la reconnaissance du marché, des coûts de transport bas, un important investissement de capitaux, et une industrie large et diversifiée (9.350 pépinières fleurs et 1.900 exportateurs). Les Pays Bas produisent non seulement plus de fleurs, mais aussi ils produisent des fleurs plus variées et de plus grande valeur, fournissant tous les ans de nouvelles races de tulipes et de gladiolas. L'Ouganda, d'autre part, a un merveilleux climat, de la terre en abondance et bon marché, une main d'oeuvre peu coûteuse, des coûts de transport élevés, une reconnaissance de marchés limitée, et l'expertise technique rudimentaire. Il produit principalement les roses, et est concurrentiel au niveau des prix plutôt qu'au niveau de la qualité. Les Pays Bas exportent 2,8 milliards de dollars en fleurs, alors que l'Ouganda (avec seulement 17 cultivateurs) exporte 25 millions de dollars en fleurs. (Le marché mondial des fleurs se chiffrent a environ 5 milliards de dollars, comparé au marché du café qui est de 14,0 milliards de dollars). Afin de développer ses industries d'exportation agricoles non traditionnelles, l'Ouganda a dû radicalement reformer ses politiques macro-économiques, reformer le monopole sur le fret aérien tenu auparavant par sa ligne aérienne nationale, renforcer les établissements d'exportation, développer sa propre industrie d'emballages, et établir des chambres froides près de l'aéroport d'Entebbe. Récemment, l'Université de Makerere a développé un programme de diplômes en floriculture. L'Ouganda comprend que si son industrie de fleurs doit prospérer, le pays doit commencer à développer les qualifications et le savoir-faire qui permettront aux fleurs de l'Ouganda de devenir plus différenciées, plus atraillantes et de plus grande valeur.

(174) Continuer à reformer le rôle de l'état.

(175) Les pays africains ont fait des progrès considérables en créant un environnement politique qui est plus favorable à la croissance rapide. Comme mentionné ci-dessus, ceci est surtout vrai en termes de politiques macro-économiques. Cependant, il y a eu une certaine rétrogression récente, et les pays ont du mal à maintenir la discipline fiscale. Et dans la politique agricole il y a eu quelques renversements considérables, en particulier en Afrique australe et de l'est. Quel régime de politique faut-il pour favoriser le développement africain au vingt-et-unième siècle?

d'investissements privés aussi bien étrangers que nationaux (les niveaux actuels sont moins que 10% du PIB). De tels investissements sont peu susceptibles de voir le jour, excepté dans les industries extractives, avec les niveaux d'inflation élevés.

publics." Plus précisément, les gouvernements devraient faciliter le bon fonctionnement des marchés.

(184) Développer un partenariat entre le secteur privé et le secteur public.

(185) Cependant, il ne s'agit pas seulement de ce que les pays ne devraient pas faire, mais également de ce qu'ils devraient faire. Ils doivent d'abord, comme l'a déjà dit un sous-gouverneur de la banque centrale de la Malaisie "Considérer le secteur privé comme partenaire. Quand le secteur privé croît, le secteur public en bénéficie aussi." Le problème en Afrique c'est que la plupart des gouvernements ne voient pas le secteur privé comme partenaire, mais plutôt comme concurrent. Les gouvernements doivent évaluer leurs politiques, leurs stratégies et leurs programmes en se demandant comment ces instruments du développement contribuent à la promotion d'une croissance capable de réduire de façon considérable la pauvreté. Une telle croissance doit être guidée principalement par le secteur privé.

(186) Voici, ci-dessous, un certain nombre d'exemples pour illustrer comment un tel partenariat pourrait fonctionner.

(187) Recherche et vulgarisation agricoles. Un certain nombre d'études ont démontré que les investissements dans la recherche agricole et la vulgarisation en Afrique ont des taux de rentabilité économiques élevés.(28) La recherche agricole africaine a généralement été le domaine du secteur public, bien qu'il y ait eu un nombre d'exemples de recherche financée par le secteur privé, ou même des établissements privés de recherches. La recherche privée est généralement concentrée sur la reproduction des semences, surtout des produits de rente, alors que la recherche du secteur public devrait être concentrée sur les systèmes de production, les pratiques agronomiques, le maintien de l'environnement, etc., des domaines où les nouvelles découvertes scientifiques ne sont pas incorporées dans un produit commercialisable. Dans cette définition nous inclurons également le développement des variétés améliorées non-hybrides, où la conservation des semences par les agriculteurs décourage l'investissement du secteur privé dans ses efforts de développement dans ce domaine

(188) Présentement, une équipe d'experts des Systèmes Nationaux de Recherches Agricoles (SNRA) en Afrique est en train d'élaborer une série de recommandations qui puissent guider les restructurations nécessaires des Centres Internationaux de Recherches Agricoles. Ces recommandations aideront les institutions a mieux répondre aussi bien aux besoins du secteur privé qu'à ceux du secteur public, en développant de nouvelles technologies pour les produits alimentaires et les produits de rente.(29) L'on devrait payer une attention particulière aux résultats de ces discussions afin de mieux guider les futurs investissements dans le développement de technologies agricoles et alimentaires ainsi que les systèmes de vulgarisation et de distribution.

(189) Un rééquilibrage entre la recherche fondamentale et une recherche plus adaptative est nécessaire dans beaucoup de pays. Seulement quelques uns parmi ces pays ont les ressources nécessaires pour entreprendre la recherche fondamentale. La plupart sont obligés d'emprunter et d'adapter les technologies existantes. Il y a également beaucoup de travail à faire pour développer les protocoles fondamentaux de sécurité biologique avant que l'adoption de la biotechnologie puisse se répandre. Il y a eu aussi trop peu travail effectué sur les activités post- récolte: le stockage, le transport et la transformation. Il y a là une occasion particulière pour des partenariats entre les secteurs privés et les secteurs publics, étant donné qu'il y a de grandes pertes post- récoltes des produits traditionnels et de vastes opportunités pour les industries à valeur ajoutée dans l'agro-économie. Ceci implique une certaine réorientation sérieuse de la manière dont les institutions de recherche agricole travaillent puisque d'habitude ces institutions ont considéré les agriculteurs comme leurs clients principaux, alors qu'elles ont souvent négligé des clients tels que les commerçants, les transformateurs, ou les consommateurs.

(190) Quelle serait la nature d'un tel partenariat? Du côté de secteur public, ce partenariat va être compose de prescriptions de politique générale concernant une stabilité globale, l'assouplissement des règlements et l'ouverture du commerce, aussi bien que démarches plus positives vers la provision d'éléments essentiels à l'infrastructure, de règlements phytosanitaires pertinents et d'un régime d'impôts juste. Développer ces relations exige que le gouvernement entreprenne des discussions avec des compagnies agro-industrielles potentiellement disposés à investir. Ces discussions devraient porter sur les besoins de ces compagnies afin de les aider à investir de manière rentable et, tout en excluant les privilèges spéciaux, répondre à ces besoins.

(191) Technologie de l'information. Les gouvernements africains et les donateurs doivent avoir une perspective de visionnaire en ce qui concerne la technologie de l'information. Présentement, beaucoup de gouvernements considère le système de l'internet et de la télécommunication comme un monopole qu'ils devraient contrôler. Les gouvernements partout dans le monde s'inquiètent de la libre circulation de l'information et essaient, avec de bonnes raisons ou pas, de réglementer et de limiter la libre circulation des idées. Cependant, il est difficile d'imaginer la puissance d'un marché libre d'idées même au début du vingt-et-unième siècle. Les gouvernements doivent comprendre que les avantages de la réglementation et du contrôle doivent être comparés à la puissance d'un marché sans restriction les idées. Les gouvernements doivent privatiser les télécommunications, développer une capacité de réglementation, éliminer les tarifs sur les ordinateurs et le matériel de télécommunication (beaucoup de gouvernements ont traité les ordinateurs comme des biens de consommation dans leurs barèmes tarifaires). Ils doivent aussi vendre des licences qui donnent droit aux modulations de fréquence pour les téléphones cellulaires. L'information est le moteur de la croissance économique, et les gouvernements visionnaires devraient tout faire pour réduire les coûts et rendre l'information plus accessible. Les gouvernements devraient également développer des stratégies, y compris les subventions bien ciblées, pour l'expansion de l'accès à la technologie de l'information.

(192) Infrastructure de transport. Le transport est l'un des éléments moteurs d'une économie. Un certain nombre de pays ont créé des partenariats entre le secteur public et le secteur privé pour gérer des fonds destinés à l'infrastructure routière, fonds obtenus grâce aux impôts sur le carburant et d'autres redevances d'utilisation, afin d'assurer l'entretien et la réadaptation des routes importantes. Les gouvernements doivent sous-traiter leurs besoins en matière de construction d'infrastructure routière. Les éléments principaux de l'infrastructure de transport--en particulier les lignes aériennes, ports et chemins de fer--devraient être privatisés ou remis à la gestion privée.

(193) Politique d'exportations. Ce n'est plus suffisant d'avoir éliminé les restrictions quantitatives, libéralisé le régime de taux de change, et uniformisé et réduit les tarifs douaniers. Aujourd'hui, les gouvernements et le secteur privé ont besoin de la capacité de négocier avec la pléthore d'établissements internationaux et des réglementation engendrés par le système de l'OMC, et en particulier ceux sur l'agriculture et sur les règlements phytosanitaires. Ils doivent avoir la capacité de défendre leurs intérêts de manière efficace au niveau de l'OMC. Ils doivent avoir la capacité de prendre l'information sur les opportunités que les accords de l'OMC offrent et développer des stratégies d'exportation basées sur ces opportunités. Ils doivent collaborer avec le secteur privé pour fournir l'aide crucial dont ce secteur a besoin pour pénétrer les marchés. Etant donné les petites tailles de ces économies et le personnel technique disponible limité, le développement de ce type d'information de manière efficace exige une coopération régionale.

(194) Politique de biotechnologie. Les pays africains doivent avoir une politique avangardiste de la biotechnologie. Les progrès dans la biotechnologie offre d'énormes avantages pour l'augmentation des rendements, la réduction des dégâts dus aux ennemis de culture, la protection de l'environnement et l'amélioration de la valeur nutritive de beaucoup de produits agricoles. Afin d'utiliser les variétés génétiquement modifiées à bon escient, les gouvernements ont besoin de (1) développer la capacité de faciliter la mise en place de protocoles de sécurité biologique (2) développer et renforcer les lois, les systèmes d'information et la formation en biotechnologie. Il y a également un besoin d'entamer un grand débat sur les coûts et les avantages de la biotechnologie.

(195) Investir dans le savoir et dans la technologie ainsi générée.

(196) La nouvelle économie mondiale est une économie basée sur l'information. Ceci est a la foi évident et subtil. L'économie du savoir est plus que les microprocesseurs d'ordinateurs et l'internet. C'est, d'une manière fondamentale, l'utilisation de la connaissance du produit et du marché afin de produire des biens de grande valeur pour des marchés spécifiques. Pour revenir à l'exemple des fleurs; le succès sur le marché mondiale dépend des connaissances techniques (telles que le développement de type de fleurs de qualité qui sont transportables sur de longues distances); la connaissance des réseaux de commercialisation ( que veulent les consommateurs en Allemagne cette année?), et la connaissance de techniques d'organisation (comment faire parvenir à Amsterdam ce soir des fleurs récoltées aujourd'hui)? Clairement, la première étape pour établir une économie basée sur le savoir est de développer le talent humain nécessaire pour contrôler la production basée sur la technologie, le langage et les symboles. Renforcer les capacités de recherches en Afrique, surtout

dans le domaine de la recherche agricole qui a un caractère de bien public, sera très stratégique pour aider les agriculteurs à profiter des opportunités émergeant dans les marchés nationaux et mondiaux.

(197) Les pays africains et les donateurs doivent faire de l'investissement dans l'éducation leur plus grande priorité à long terme, et avec cette priorité en vue mettre l'accent plutôt sur la qualité que sur la quantité. Les décennies passées ont vu l'érosion de la qualité à tous les niveaux des systèmes d'éducation en Afrique, et en particulier dans les universités. Il faut remettre l'accent sur la mathématique, la science et la technologie avec un engagement à connecter les universités et les écoles à l'internet. Le développement de partenariats entre le secteur public et le secteur privé, pour financer des centres de technologie est crucial à l'accomplissement d'un succès.

(198) La réforme du système éducatif sera aussi difficile que les autres réformes structurelles. Dans la plupart des pays, l'option de limiter l'accès afin de maintenir ou d'améliorer la qualité n'est pas politiquement viable. C'est peut être possible d'utiliser la technologie moderne de l'information, surtout la radio, comme mécanisme pour améliorer l'information pédagogique fournie dans les salles de classe. La participation des parents, les normes objectives de performance, et plus de décentralisation de la responsabilité et de l'autorité peuvent mener à une plus grande prise de conscience des responsabilité au niveau des écoles.

(199) La reforme des universités, surtout au niveau de l'autofinancement par les étudiants, est un cauchemar politique, quand on sait que, politiquement parlant, les étudiants sont parmi les groupes les plus actifs de la population. Pourtant, le niveau élevé de la subvention des étudiants, sans aucun moyen de les tester, a conduit au transfert inutile d'une grande proportion du budget de l'état allouée à l'éducation vers le secteur universitaire. Ceci a également entraîné une baisse des ressources disponibles pour augmenter la qualité de l'éducation dans son ensemble. L'infrastructure se détériore, le corps enseignant n'est pas suffisant payé, les livres et les journaux sont indisponibles. Néanmoins, il y a espoir. L'Université de Makerere en Ouganda a démontré que des programmes de réforme soigneusement structurés sont possibles, et que beaucoup d'étudiants sont disposés à payer pour s'offrir une éducation de qualité. D'ailleurs, le déclin des universités publiques a crée l'espace, dans beaucoup de pays, pour l'éclosion d'universités privées et d'autres établissements d'éducation au niveau tertiaire.

(200) Le renforcement des systèmes de recherche agricole, surtout concentrés sur la recherche adaptative, reste un défi important. Avec l'appui de l'USAID et d'autres donateurs dans les années 80, beaucoup de pays africains ont amélioré de façon très significative, le fonctionnement de leurs systèmes. Malheureusement, avec les réductions du budget national et de celui des donateurs dans les années 90, beaucoup des systèmes ont perdu du personnel qualifié et sont restes à cours de budgets de fonctionnement. Les réseaux régionaux de recherches à travers les pays aident à se faire des économies d'échelle qui permettent à différents pays de se concentrer sur des produits agricoles différents et de diffuser ensuite les résultats dans la région. Mais les réseaux régionaux sont des compléments et non des substituts aux systèmes nationaux de la recherche qui fonctionnent bien. Sans un dévouement renouvelé au renforcement des systèmes de recherche agricole de en Afrique, il sera peu probable d'atteindre la croissance de productivité requise pour stimuler une développement économique à base élargie.

(201) Investir dans l'infrastructure rurale

(202) Pendant trop d'années, les gouvernements africains et les agences d'aide ont sous-investi dans l'infrastructure rurale (voir le tableau VIII). Bien qu'il soit difficile de fournir des données prècises, "dans la plupart des pays africains le secteur [agricole] reçoit moins de dix pour cent (dépenses récurrentes et investissement) des dépenses publiques mais compte pour 30 à 80 pour cent de la production nationale brute."(30) Même lorsque l'investissement dans l'infrastructure rurale, en particulier les routes, est ajouté au total, la proportion des dépences publiques allouées à l'économie rurale est beaucoup moins que ce qu'indique son importance vis- a -vis de l'économie. Une stratégie basée sur l'agriculture pour combattre la faim doit augmenter la provision de fonds publics dans les zones rurales.

(203) Routes. Les frais de commercialisation en Afrique sont les plus élevés du monde. C'est en partie à cause des conditions géographiques. Bloom et Sachs ont identifié un certain nombre de caractéristiques géographiques (basses densités de populations, dont une grande proportion vie très loin de la mer, un petit littoral comparé à la surface totale, la barrière du Sahara) qui rendent le transport cher.(31)

Mais cela est également dû à la mauvaise politique, y compris une incapacité notoire d'assurer l'entretien des routes. Pour la plupart des Africains vivant dans des zones rurales, les bonnes routes sont vitales à l'accès aux marchés, aux instituts de santé et à d'autres services importants. La mauvaise infrastructure routière qui prévaut dans les zones rurales réduit les prix au producteur et, par conséquent, les salaires agricoles. Ceci est un secteur important qui a besoin d'une attention spéciale.

(204) TABLEAU VIII. INDICATEURS D'INFRASTRUCTURE PAR RÉGION.

Groupe de Pays/Région Consommation d'énergie électrique (kw-heures) Lignes téléphoniques par 1.000 personnes Routes bitumées (% du nombres total des routes) Coût de 3 minutes d'appel aux US Population ayant accès a l'eau potable (%)
1996 1997 1997 1997 1995
Revenu bas et moyen 851 60 30 6,22 75
Asie de l'Est et Pacific 624 50 10 5,60 77
Europe et Asie Centrale 2.788 204 83 4,33 ___
Amérique Latine et Caraïbes 1.347 110 26 4,42 75
Moyen Orient et Afrique du Nord 1.166 75 50 6,02 ___
Asie du Sud 313 18 41 ___ 81
Afrique Sub-saharienne 439 16 16 8,11 47
Afrique Sub-saharienne (sans l'Afrique du Sud) 146 10 ___ ___ 46

Source : La Banque Mondiale. Can Africa Claim the 21st Century?

(205) L'eau. Dans beaucoup de pays d'Afrique les femmes fournissent la majeure partie de la main d'oeuvre dans le secteur agricole. Mais les femmes doivent également préparer les repas, s'occuper des enfants, trouver le bois de chauffage et transporter l'eau. Des résultats d'enquêtes au Burkina Faso, en Ouganda et en Zambie ont montré que les femmes africaines déplacent, en moyenne, 26 tonne-kilomètres par an, comparé à 7 tonne-kilomètres pour les hommes.(32) Si l'amélioration des routes poura réduire le temps passé à transporter des produits agricoles et le bois de chauffage, améliorer l'approvisionnement en eau aura aussi beaucoup plus d'avantages pour les femmes, notamment le temps libre ainsi acquis pour s'engager dans des activités agricoles. Encore plus, ces investissements donnent aussi plus de temps libre aux jeunes filles, leur permettant ainsi d'aller à l'école.

(206) Irrigation. De toutes les régions du monde, l'Afrique a le niveau le plus bas d'irrigation. D'ailleurs, la rentabilité de l'irrigation a été basse, dans la plupart des cas, due en grande partie à la mauvaise politique gouvernementale. Néanmoins, il y a des opportunités considérables pour l'irrigation à petite échelle (qui n'exige pas la gestion publique), surtout pour les cultures de plus haute valeur. Une fois de plus, la contrainte principale est le manque de ressources.

(207) Électrification. Une économie rurale vibrante a besoin des marchés-villes (marchés de gros dans des villes secondaires), des villes dont la population achète les produits alimentaires, transforme les produits agricoles et vend les biens de consommation et les intrants agricoles. L'électrification de ces villes permettra aux petites industries de se développer. Ce sont les synergies entre l'agriculture et les activités non-agricoles qui mènent à la croissance rapide et à la la réduction de la pauvreté. Dans beaucoup de pays, il y a un besoin d'ouvrir les marchés de l'électricité à une plus grande concurrence, puisque la mauvaise performance des monopoles nationaux ont ralenti les progrès de l'électrification.

(208) Donner plus de pouvoir aux agriculteurs

(209) Comme mentionné ci-dessus, l'un des changements les plus prometteurs en Afrique, a été le progrès vers les régimes démocratiques et loin des régimes autoritaires. L'un des aspects importants de ce changement a été l'augmentation de l'autorité de groupes non-gouvernementaux ou de la «société civile». Cette évolution a plusieurs facettes :

(213) L'élargissement de l'espace pour des décisions individuelles. Ce domaine concernant l'attribution de plus d'autorité aux populations a vu le jour, en grande partie, parce que le secteur public a réduit son contrôle direct sur l'économie. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine de la commercialisation où, étant donné les propositions discutées plus haut, le monopole du secteur public sur la commercialisation des produits a été réduit, sinon complètement éliminé. Cependant, l'incertitude concernant la réglementation a fait que le secteur prive ne s'est pas toujours empressé de combler le vide causé par l'abolition des monopoles publics.

(214) L'augmentation de l'influence des populations sur les décisions du secteur public. Ce développement a deux formes: macro et micro. Au niveau macro, les agriculteurs rassemblés dans des associations ont le potentiel d'influencer les politiques du gouvernement. Cela reste à vérifier de manière systématique dans la plupart des pays. Alors que la démocratie a signifié que les partis politiques doivent se battre pour obtenir les votes, les débats politiques dans la plupart des pays africains n'ont pas toujours porté sur les différences entre les politiques économiques proposées par les différents partis. Ainsi donc les agriculteurs ont besoin d'utiliser des mécanismes autres que les élections pour influencer les politiques publiques. De plus en plus, l'aide des donateurs fournie aux associations des producteurs afin de les amener à mieux comprendre les implications des politiques économiques, et à formuler des doléances et les présenter aux dirigeants politiques, sera un mécanisme important pour réorganiser les priorités publiques.

(215) Le développement des actions collectives. Il ya eu peut-être plus de progrès au niveau micro, où les gouvernements et leurs partenaires donateurs essaient de donner une plus grande influence aux bénéficiaires des investissements publiques sur les choix des projets, la conceptualisation et leur exécution. Ceci est le résultat du fait que la plupart des gens croient que les projets réussissent mieux avec la participation active des premiers bénéficiaires. Avec la décentralisation accrue d'une part, et la réduction des capacités du gouvernement national de l'autre, l'espace pour la commande locale a augmenté de deux manières: 1) grâce à l'influence accrue des agriculteurs sur les programmes de gouvernement, et 2) grâce à la prise de conscience de la part des groupes locaux et privés, de la nécessité de prendre en charge les services et les fonctions autrefois pourvus par le gouvernement.

(216) C'est ce dernier processus, l'action collective accrue des groupes d'agriculteurs pour gérer leur propre futur, qui offre l'espoir d'une transformation agricole. Dans le passé, les coopératives en Afrique étaient contrôlées par l'état. C'est seulement au cours de ces dernières années qu'ont apparu des groupements de coopératives véritablement indépendants et d'autres organisations d'agriculteurs. En se regroupant, les producteurs ont non seulement la possibilité d'exercer une plus grande influence sur la politique publique, mais aussi chaque membre bénéficie de l'efficacité collective du groupe--l'achat d'intrants, obtention de crédits et de produits agricoles. L'échec des systèmes de commercialisation gouvernementaux a laissé un vide, et les organisations de producteurs commencent à combler ce vide, se chargeant eux-même d'entreprendre des négociations avec les banques et les sociétés agro-industrielles. Ceci est un développement très salutaire.

(217) Donner plus de pouvoir aux commerçants et aux transformateurs, en particulier ceux qui opèrent à petite ou moyenne échelle, grâce à la création de groupes professionnels peut également avoir des effets salutaires. Si les règles régissant de tels groupes sont soigneusement conçues pour éviter toute collision, les actions collectives de la part de groupes de commerçants et de transformateurs peut aider à imposer le respect des contrats, à développer les normes de qualité, à faciliter l'investissement collectif dans l'infrastructure, et à promouvoir le commerce régional à travers l'amélioration de l'information du marché et la création de pression politique pour réduire les obstacles non-tarifaires aux échanges commerciaux.

(218) Développer des dispositions sophistiquées pour la commercialisation des produits, l'application des contrats et le partage de risques

(219) Il a été démontré que la libéralisation des marchés agricoles ne mène nécessairement pas à des augmentations considérables de la production ou de la productivité en Afrique.(33) Les institutions de marché dans la plupart des pays africains sont en général caractérisées par:

(232) La plupart de ces problèmes résultent de la structure des marchés des pays africains. Cette structure est caractérisée par la production semi-commerciale des produits alimentaires, par des coûts de transaction élevés, et par un haut degré d'incertitude en ce qui concerne les politiques du gouvernement. Le commercialisation est caractérisée par les coûts élevés et de faibles investissements à cause d'économies d'échelle limitées, des marchés financiers faibles, et le commerce effectué en grande partie par les entrepreneurs traditionnels. Dans le secteur de l'exportation, les institutions sont plus développées, ou bien à cause du rôle historique des sociétés d'état, ou parce que la nature du commerce lui même exige des marchés plus sophistiqués.

(233) Comment sortir du piège que constitue l'équilibre à bas niveau de l'économie, où les niveaux faibles de l'articulation du marché provient en grande partie des niveaux faibles du revenu et de la commercialisation? Il y a quelques domaines où les actions du gouvernement peuvent améliorer les choses; en particulier des politiques agricoles plus consistantes et stables, des investissements pour améliorer l'information du marché, des investissements dans l'infrastructure qui réduisent les coûts de transactions, et des améliorations dans l'application des règles de la loi. En plus, toute action qui mène à l'augmentation de la taille du marché grâce à l'intégration régionale sera également utile.

(234) CONCLUSIONS

(235) Pour récapituler l'argument fait ci-dessus : la réduction de la faim ne peut être accompli qu'à travers une réduction de la pauvreté. Une telle réduction de la pauvreté dépend d'une croissance économique rapide générée principalement par le secteur agro-alimentaire. Une telle croissance peut mieux se produire si l'on profite des nouvelles opportunités offertes par un marché international en développement rapide, en cherchant de nouveaux marchés d'exportation de produits agricoles de plus haute valeur. Cependant, réussir dans ces marchés sera difficile et exige un nombre de changements radicaux. Les pays ont besoin de développer une nouvelle vision du développement qui met le programme de diversification économique au centre de leurs stratégies. Deuxièmement, les pays doivent reformer de manière radicale leurs politiques économiques afin d'encourager le développement d'une économie globale guidée par le secteur privé. Troisièmement, les gouvernements doivent développer des partenariat actifs avec le secteur privé afin de développer de nouveaux mécanismes institutionnels pour résoudre un certain nombre questions épineuses. Quatrièmement, les gouvernements et les donateurs étrangers doivent investir dans la production du savoir de manière plus intensive et plus efficace que d'habitude. Cinquièmement, les gouvernements et les donateurs doivent investir fortement dans les infrastructures rurales, notamment les routes, l'eau, les télécommunications, l'électricité et l''irrigation. Sixièmement, les gouvernements et les donateurs doivent donner plus de pouvoir aux producteurs ruraux afin qu'ils trouvent des solutions à leurs propres problèmes grâce à des actions collectives. Et finalement, les gouvernements doivent travailler ensemble avec le secteur privé pour développer des institutions de marchés plus sophistiquées et hautement articulées. En conclusion, l'approche ainsi recommandée ne prône pas

un retrait de l'état mais plutôt une redéfinition du rôle de l'état. Ce qui signifierait que l'état va jouer un rôle clef mais différent dans la stimulation d'un développement orienté par les systèmes de marché.

(236) Ce document a discuté de la question de savoir ce qui est à faire plutôt que de comment le faire. Il y a trois questions importantes concernant "comment faire" qui n'ont pas été traitées. Tandis que le document n'offre aucune réponse à ces questions, il est important au moins de les discuter plus amplement.

(237) La mobilisation des ressources

(238) Dans beaucoup de cas, la présente stratégie ne dépend pas essentiellement de nouveaux flux énormes de ressources, mais plutôt d'une restructuration radicale de leur utilisation. Toutefois, la croissance rapide exige des niveaux plus élevés d'investissement et d'épargne contrairement à la situation actuelle dans les pays africains. Aujourd'hui, l'Afrique investit 17% de son produit intérieur brut (PIB), le niveau le plus bas de toutes les régions comprenant des pays en voie de développement. De ces 17% du PIB, 15% proviennent des épargnes nationales (également le niveau le plus bas de toutes les régions comprenant des pays en voie de développement), alors que 2% viennent de sources étrangères. D'où peuvent venir les nouvelles épargnes en Afrique?

(239) La source la plus importante c'est le population elle-même. Le problème crucial dans ce cas-ci, c'est le gouvernement qui doit être capable de prélever assez d'impôts pour se procurer de revenus nécessaires pour garantir à la population un niveau minimum de biens publics, sans pour autant empêcher les flux d'investissements privés dans l'économie.(34) Les gouvernements africains sont habitués à faire face à des déficits budgétaires se chiffrant aux environs de 6.5% du PIB, 4% de ce montant étant finance par les donateurs et 2.5% provenant d'emprunts nationaux. Quand bien même il y a un manqué de données sur l'investissement public, il est peu probable que la valeur des investissements publics soient plus de 6.5% du PIB; ce qui veut dire que le gouvernement emprunte plus qu'il n'investit.

(240) Ceci signifie que le secteur privé doit fournir entre 20 et 25% du PIB en termes d'épargnes et d'investissements pour stimuler le type de croissance dont l'économie a besoin pour permettre une réduction rapide de la faim. Atteindre une telle mobilisation d'épargnes n'est pas du tout impossible, même s'il faut un certain temps pour y parvenir. Les taux nationales d'épargnes sont autour de 20% dans la plupart des pays en voie de développement (en Asie de l'Est , ils s'élèvent a un taux incroyable de 37%). Ouvrir l'économie à des nouvelles opportunités d'investissement engendrera de nouvelles épargnes et de nouveaux flux d'investissement. Les Africains gardent d'importants capitaux à l'étranger à cause de l'instabilité politique et économique dans leurs pays. En outre, pendant les périodes où les conditions économiques sont devenues favorables dans certains pays, la situation s'est renversée. Par ailleurs, la nouvelle époque de la globalisation signifie que de bonnes opportunités d'investissement vont attirer d'importants montants provenant de la finance internationale privée.

(241) Mais le problème est plutôt la qualité des investissements que la quantité de ces investissements. En grande partie, cela veut dire une réduction de la part du secteur public et une augmentation de la part du secteur privé. Mais cela signifie également une nette amélioration de la qualité des dépenses publiques. Ceci va être discute plus loin dans la section du document concernant la gouvernance. Mais un peu d'arithmétique ne fera pas de mal. Arithmétiquement, la croissance est égale l'investissement multiplié par l'efficacité du-dit investissement (généralement, dénotée par le ratio capital/production). Dans une économie où 20% du PIB sont investis et où le ratio capital/production est égal à 4, le taux de croissance va être de 5% par an. Pour 1% d'augmentation du taux d'investissement ou 1% d'amélioration du ratio capital/production, le taux de croissance va augmenter de 1%. Cependant, les améliorations du ratio capital/production dues à la dérégulation, à l'amélioration de la qualité de la dépense publique, etc..pourrait également améliorer l'efficacité du capital déjà investi, augmenter le taux de rentabilité prive, et encourager plus d'investissement. Par conséquent, l'amélioration de l'efficacité, toutes choses égales d'ailleurs, produit des effets plus globaux que l'augmentation de la quantité des investissements.

(242) C'est aussi le cas pour l'aide venant des donateurs. Cette aide a été non seulement fournie à tort aux pays auxquels il ne fallait pas, mais elle était aussi destinée aux secteurs mal indiqués. Pour que l'Afrique réalise une réduction de la faim, il faut que les donateurs puisse redresser le biais de la dernière décennie au cours de laquelle l'économie rurale et les investissements publics dans l'infrastructure rurale furent abandonnés. Etant donné la diminution des ressources des donateurs, ces derniers doivent devenir plus stratégique. Malheureusement, de plus en plus, les donateurs se laissent entraîner par de petites circonscriptions électorales qui cherchent une solution magique, et qui perdent de vue le tableau général de la situation. A moins d'un retournement de situation, l'Afrique ne recevra pas toute l'aide dont elle a besoin pour éviter d'autres décennies faites d'échecs de politiques de développement.

(243) Un mot sur la dette. Il est estimé que la dette internationale des pays africains s'élèvent à environ 230 milliards de dollars, et que ces pays paient 14,1 milliards de dollars pour servir ces dettes, soit 22 dollars par personne. Il y a eu beaucoup de débats publics sur cette dette, toujours est-il que le service de la dette actuelle de l'Afrique, en termes de proportion du PIB ou des exportations, est le plus bas dans le monde. D'ailleurs ce service de la dette est mis en balance par une aide étrangère de 28 milliards de dollars, qui même en termes nets, est plus élevée que l'aide reçue par toute autre région en termes d'aide par personne (44 dollars), de proportion du produit national brut (PNB) (41%) et de proportion de l'investissement national brut (22,3%). Ces chiffres sont encore plus grands quand on exclut le Nigéria et l'Afrique du Sud, qui tous reçoivent peu d'aide.(35) Bien qu'il n'y a pas de compromis entre l'allégement de la dette et la réduction de l'aide étrangère, il est important de reconnaître l'ampleur de ces flux nets, même si l'on est confronte à un important service de la dette.

(244) Capacité humaine à l'époque du SIDA

(245) Il n'y a aucun doute que la pandémie du SIDA a le potentiel d'augmenter considérablement la pauvreté et la faim et de réduire la capacité d'accélération de la croissance économique des pays où l'incidence de ce fléau est moyenne ou élevée. Au niveau macro-économique, le SIDA réduira grièvement la quantité de main-d'oeuvre qualifiée, soit par la mort ou la morbidité et contribuera ainsi à la réduction des épargnes privées. Bien qu'il soit difficile d'évaluer quantitativement les effets-ci, plusieurs études estiment que le taux de la croissance économique globale aurait diminué de 1 à 2% et le taux de croissance par personne de 0,3 à 1%.(36) Réduire la faim de manière considérable d'ici 2015 exige des taux de croissance par personne de 4 à 5% par an et un taux de croissance globale de 7 à 8%. Par conséquent, l'effet du SIDA implique qu'il sera nécessaire d'augmenter le taux de croissance économique d'au moins un tiers au dessus du taux nécessaire pour assurer la réduction de la faim en l'absence du SIDA.

(246) Au niveau de ménages, les conséquences peuvent être graves. Les ménages pauvres ont une petite marge de manoeuvre quant à l'épargne et au revenu. Une maladie causée par le SIDA mène à l'augmentation du temps consacré à s'occuper de la personne atteinte, à la perte de la main d'oeuvre provenant du membre de la famille infecté, à l'augmentation des dépenses allouées aux soins médicaux et aux funérailles. Le résultat final est une réduction nette de la consommation. Par exemple, en Côte d'Ivoire, la consommation moyenne a chuté de 44% au cours de l'année après la mort ou l'absence du membre de la famille infecté du SIDA. Encore plus, l'effet du SIDA sur le ménage est un effet à long terme parce que les familles perdent les membres les plus actifs et les plus productifs, et les enfants sont obligés d'abandonner l'école soit parce que ils sont devenus orphelins soit pour compenser la perte de main d'oeuvre. En plus, les personnes âgées perdent ainsi tout support.

(247) Tout ceci mène à la chute de la production agricole. Au Zimbabwe, par exemple, il a été estime que la mort due au SIDA d'un chef de famille réduit la production agricole au niveau de l'exploitation de 61% pour le maïs et de 47% pour le coton. En Tanzanie, un ménage dont un membre est malade du SIDA perd entre 29 à 43% de sa main d'oeuvre.

(248) Alors, que peut-on faire? Ce document n'a pas la prétention de proposer une stratégie pour combattre le SIDA. Néanmoins, des succès dans le combat contre le SIDA ont été enregistres tant en Afrique que dans les pays en voie de développement en général. Il faut donc le plus haut niveau d'engagement, et une approche globale qui évalue l'effet de toute activité de développement sur la pandémie d'un côté et l'effet de la pandémie sur l'activité de l'autre. Toutefois, ceci ne veut pas dire que tout projet de développement devrait envisager un volet sur le VIH/SIDA, car des structures parallèles peuvent naître, menant ainsi à une duplication d'efforts, sans jamais atteindre une masse critique. Mieux vaut peut-être concentrer les ressources sur un programme national du SIDA plus systématique. Par exemple, à cause du SIDA c'est important de se concentrer sur des technologies qui allègent le travail, telles que celles permettant de réduire la dépendance sur les méthodes naturelles de fertilisation qui sont intensives en main d'oeuvre pour adopter une plus large utilisation d'engrais chimiques, et le développement de meilleurs outils manuels tels que les motoculteurs, et l'investissement accru dans l'infrastructure qui allège le travail telle que les tuyaux de canalisation, des moyens de transport à roues, etc.

(249) Gouvernance

(250) La mauvaise gouvernance qui a prévalu en Afrique depuis l'indépendance (Tableau XI) a été et reste la cause la plus durable des niveaux élevés de la faim dans la région. Comme le démontre le Tableau XI, de toutes les régions du monde, les états africains présentent les pires des dossiers concernant la gouvernance, avec 50% dans les plus bas quintiles, et seulement 13% dans les plus hauts. Une question importante se pose: quelle est la cause de cette mauvaise gouvernance? Est-il simplement question de mauvaise direction à la tête des pays? Les racines de cette mauvaise gouvernance remontent-elle de l'expérience coloniale de l'Afrique? Il y a-t-il des aspects culturels en jeu? Question de géographie?

(251) Bon nombre d'études ont été faites sur les pays appelés les "états faibles" selon la littérature. Ces études suggèrent que les problèmes confrontés par l'Afrique sont organiques de nature, par conséquent gravés dans leur histoire et leur géographie, et dans certains cas leur culture. La plupart des pays africains sont composés de différents groupes ethniques, et le travail politique central auquel ils sont confrontés est de bâtir une identité nationale ou au moins une majorité politique stable. Les premières tentatives de nationalisme, issues du combat contre le colonialisme , étaient centrées autour du "grand homme." Ces héros--N'krumah, Kenyatta, Nyerere--étaient des hommes d'envergure internationale. Pour beaucoup d'entre eux "l'état, c'est moi," était une réalité, et leurs portraits étaient affichés partout--tant sur les billets de banque nationaux que sur les murs de tout édifice public.

(252) TABLEAU IX.: DISTRIBUTION DE LA BONNE GOUVERNANCE

Pays Groupe/Region:

Gouvernance Quintiles

(% du Quintile)

  La plus élevée 2nd plus élevée Centre

2nd plus basse La plus basse Echan-tillon
Asie de l'Est 8,6 2,9 2,9 2,9 0 3,4
Afrique 2,9 14,3 38,2 32,4 42,9 25,9
Moyen Orient & Afrique du Nord 0 25,7 11,8 5,9 14,3 10,9
Asie du Sud &

du Sus-Est

0 14,3 8,8 1,.6 14,3 10,9
Europe et

Asie Centrale

14,3 17,1 14,7 20,6 22,9 19,5
OECD 65,7 5,7 0 0 0 14,4
Amérique Latine & Caraïbes

8,6
20 23,5 20,6 5,7 14,9

Source D. Kaufmann, A. Kraay, and P. Zoido-Lobaton, "Aggregating Governance Indicators"

(1999), World Bank Working Paper #2195 . Voir ce document pour les informations concernant la définition de l'indicateur de la bonne gouvernance utlisée ici. (http//www.worldbank.org/research/growth/corrupt_data.htm)

(253) Beaucoup de ces dirigeants étaient des révolutionnaires imprégnés de la pensée socialiste, combattant le pouvoir économique investi dans les compagnies multinationales. Leur philosophie économique prônait l'industrialisation grâce à la substitution des produits nationaux aux importations, et ils considéraient l'état comme instrument de la transformation. L'état devint aussi l'instrument utilise pour se maintenir au pouvoir, et le favoritisme était plus important que le pouvoir coercitif de l'état. Cette utilisation de l'état était loin d'être tout juste un phénomène africain, mais accouplé du traditionnel réseau d'obligations envers amis et parents, l'appareil étatique devint vite politisé, et la bureaucratie fut souvent deprofessionnalisé.

(254) Ainsi, les états africains étaient caractérisés par l'identification de leur dirigeant et son parti avec l'état-nation lui-même, la tension ethnique, le manque d'une vision nationale cohérente, l'utilisation de l'état pour distribuer des faveurs politiques, l'expansion du rôle de l'état au-delà de sa capacité administrative, et l'érosion du professionnalisme de la fonction publique. Sans une tradition où les institutions forcent tout individu à répondre de ses actes, les politiciens comme les bureaucrates prirent l'habitude d'utiliser leur pouvoir pour s'enrichir.

(255) Au fil du temps, les promesses et les espoirs de l'auto-détermination ont commencé à dissiper, et l'incapacité du système politique à transformer l'économie était devenu plus évident. Les gouvernements, pour répondre aux échecs de leurs programmes de développement, devinrent plus coercitifs et perdirent toute légitimité. Les militaires s'étaient interposés, et chaque génération successive, des généraux aux colonels et aux sergents, avait considéré les coups d'état comme moyens d'obtenir le pouvoir et la richesse. Les tensions étaient exaspérées et ont donné lieu souvent à des guerres civiles. La crise du pétrole en 1974, et surtout celle de 1979, avait alors exposé la

faiblesse économique de ces sociétés et les avait enfoncées dans un chaos économique, mais pas avant qu'elles aient emprunter et gaspiller des milliards de petro-dollars.

(256) L'ajustement structurel et la libéralisation politique ont suivi. Mais les nouveaux systèmes économiques et politiques sont encore confrontés aux mêmes problèmes. Comment construire une nation-état à partir de tant de groupes ethniques? Comment faire du gouvernement un instrument efficace capable d'offrir d'importants services économiques et sociaux? Comment distribuer équitablement les bénéfices du système politique? Comment passer de la fidélité au parti et à l'individu à la fidélité à l'état et au gouvernement? Comment développer des institutions telle qu'une presse libre et responsable? Comment réduire la taille du gouvernement afin qu'il soit moins dispersé? Comment passer d'un système de réglementation par les hommes à un système d'état de droit?

(257) Trop peu de progrès ont été accomplis dans le combat contre la faim au cours d'une grande partie de la période de 40 ans qui suivit l'indépendance. Les Africains sont encore confrontés aux mêmes problèmes mais cette fois-ci dans un environnement beaucoup plus difficile: les ressources naturelles sont réduites, les populations croissent rapidement, les taux d'urbanisation sont élevés, et le spectre du SIDA est répandu. La stratégie présentée dans ce document ne fonctionnera qu'à moins que ces problèmes dus à la politique et à la mauvaise gouvernance soient résolus.

(258) Alors, la question suivante se pose: cette stratégie est-elle réalisable? Pas partout, et peut-être, pas dans la plupart des pays africains en ce moment. Il est probablement nécessaire de commencer un travail à une grande échelle avec quelques pays africains qui remplissent déjà certaines des conditions préalables au succès d'une telle stratégie- l'Ouganda, le Mali, le Mozambique, le Ghana, le Nigéria, probablement le Kenya et le Ethiopie, et le plus important, l'Afrique du Sud. Dans d'autres pays, peut-être que quelques parties seulement de tout l'agenda stratégique présenté ici peuvent être mise en application. Mais ce développement à des degrés divers peut constituer une opportunité d'apprentissage et de partage d'expériences pour les pays africains.

(259) VERS UNE RÉPONSE DES ETATS-UNIS

(260) Les efforts américains doivent être orientes vers des actions permettant de stimuler les économies africaines, de réduire la pauvreté, et d'aider les pauvres à se nourrir eux-mêmes. Les Etats-Unis doivent prêter leur assistance aux nations africaines pour améliorer la performance de l'agriculture et du système agro-alimentaire. Aucun pays n'a pu réduire la pauvreté de manière substantielle et stimuler la transformation économique sans auparavant, accroître considérablement la productivité de son système agro-alimentaire. Ce genre de mise au point ne pourra qu'aider à éviter les crises futures et générer les ressources internes de l'Afrique pour s'attaquer aux préoccupations humanitaires telles que l'amélioration de la santé, l'alimentation et l'éducation.

(261) Le développement implique beaucoup plus que la croissance économique. Cela implique l'amélioration du bien-être et la mise à la disposition de tout individu, les opportunités lui permettant d'atteindre tout son potentiel. Il est particulièrement important de répondre aux besoins de ceux qui ont bénéficié beaucoup moins du système actuel, notamment les femmes et les enfants. Mais sans une croissance économique à base élargie, les pays africains manqueront de ressources nécessaires pour financer leurs systèmes médicaux, leurs écoles, et les programmes de protection des pauvres. Les opportunités d'emploi pour les pauvres, surtout les femmes dans les micro-entreprises, disparaîtront à cause du manque de pouvoir d'achat parmi la masse de la population pour les produits de ces petites entreprises. En plus, l'environnement naturel souffrira, étant donne que la population exploitera n'importe quelle ressource pour assurer sa survie quotidienne.

(262) Une croissance économique à base élargie résultant des améliorations du secteur agro-alimentaire peut contribuer considérablement à ces priorités de développement sus-citées et à d'autres priorités de développement importantes. L'utilisation de techniques rentables pour promouvoir la survie de l'enfant, telles que les vaccinations et la thérapie de réhydration orale, ne peut être soutenue à long terme que dans une économie de plus en plus croissante pour aider au financement de ces services et si les familles ont le revenu nécessaire pour se les offrir. De programmes meilleurs d'éducation (particulièrement pour des filles) et d'alimentation exigent que la croissance économique locale soit soutenable. La protection de l'environnement sera rehaussée parce que la croissance de la productivité agricole réduit les pressions qui poussent à l'expansion des exploitations agricoles jusqu'aux terres fragiles et augmente le cloisonnement de carbone dans une biomasse plus luxuriante. Les engrais chimiques, substitués en partie à des intrants organiques qui nécessitent l'emploi de beaucoup de main- d'oeuvre, peuvent permettre à des ménages dont les soutiens principaux ont été tues ou handicapés par le SIDA, à continuer à produire une partie de leur propre nourriture. La stabilité politique sera rehaussée par une augmentation des opportunités d'emploi favorable à une main-d'oeuvre naissante et par des prix plus stables des produits de base.

(263) Éléments de la nouvelle stratégie américaine. (Ces éléments seront développés encore plus dans les semaines à venir selon les réactions et commentaires de dirigeants et d'organisations clefs en Afrique et aux USA).

(264) L'aide des Etats-Unis pour la réduction de la faim en Afrique devrait se baser sur l'expertise distincte des Etats-Unis. Il n'y a pas de solution miracle. La croissance économique en Afrique exige des efforts soutenus sur une période 15 à 20 ans. Des progrès tangibles à moyen terme peuvent être accomplis en aidant les nations africaines à:

(265) Développer des programmes et des politiques qui renforcent la capacité des agriculteurs, des entreprises commerciales et des marchés afin qu'ils soient concurrentiels dans l'économie globale. Les pays africains ont besoin de continuer à ouvrir leurs économies au secteur privé et à rendre le processus de leur politique de gouvernement plus transparent. Ils ont besoin d'aide pour le renforcement de leur capacité nationale et locale d'analyse et de formulation des programmes et des politiques qui mettront en valeur les partenariats entre secteurs publics et privés et stimuleront une croissance à base élargie. Relevant d'une importance particulière seront l'augmentation de la production agricole et l'avènement des produits africains à un niveau plus compétitif sur le plan international. L'urbanisation rapide et la croissance du commerce international et régional vont offrir des opportunités aux agriculteurs mais aussi mettre la pression sur les systèmes de commercialisation existants. La revalorisation des infrastructures de transport est nécessaire, mais tout effort de revalorisation doit être entrepris dans le cadre d'une assistance multi-latérale.

(266) Renforcer l'éducation et la formation dans les zones rurales, et solidifier les institutions publiques. L'éducation est particulièrement essentielle pour le progrès économique et l'amélioration de la qualité de la vie dans les zones rurales. Les femmes, en particulier, ont besoin d'un niveau d'alphabétisation amélioré, d'une meilleure éducation pour leurs carrières et de qualifications de base pour améliorer la santé et l'alimentation de leurs familles. Les économies africaines sont limitées par le déclin du nombre de scientifiques, d'éducateurs et de spécialistes en vulgarisation et le manque d'institutions de formation. Les principales victimes de la vision à court terme de l'USAID sont les programmes tels que la formation à long terme et le renforcement des institutions. Ces programmes ont connu un déclin, en particulier dans le secteur agricole. La formation et le développement des institutions ont constitué la contribution majeure des Etats-Unis au développement économique de l'Asie et de l'Amérique latine dans les années 50 et 60. Le progrès de beaucoup de pays africains dans les années 90 était dû en partie aux contributions des scientifiques et des analystes de politiques formés des années plus tôt aux Etats-Unis. Les nouvelles technologies de l'information offrent de plus

grandes opportunités pour une formation moins coûteuse et le développement d'institutions, grâce à des partenariats liant les Etats-Unis et les universités africaines se spécialisant dans l'agriculture, la biotechnologie, et l'analyse des politiques.

(267) Développer la recherche agricole et les programmes de vulgarisation pour exploiter les technologies existantes et nouvelles, telles que la biotechnologie et les technologies de l'information, pour promouvoir de nouveaux liens avec les entreprises commerciales et pour éviter les dommages à l'environnement. La recherche agricole et alimentaire en Afrique est limitée, malgré les réformes substantielles entreprises récemment. Les programmes de recherche et de vulgarisation doivent répondre aux besoins des agriculteurs et aux demandes du marché. La biotechnologie offre des opportunités spéciales pour augmenter les rendements, raffiner les culture pour des conditions locales, et réduire les dommages à l'environnement. Une fois qu'une technologie agricole est développée, elle doit être acheminée vers les agriculteurs, les commençants, et les transformateurs. Une plus grande utilisation des partenariats entre secteurs publics et privés, les bourses de recherche allouées sur une base compétitive, et des liens avec la communauté de recherches agricoles des Etats-Unis constituent des moyens pour mieux développer et diffuser les nouvelles connaissances ayant une importance capitale. Les nouvelles technologies de l'information offrent des opportunités spéciales d'étendre ces collaborations.

(268) Améliorer la gouvernance rurale. Beaucoup de pays africains sont en train de décentraliser les services, créant ainsi des unités locales de gouvernement et une société civile vibrante. Dans les zones rurales où la plupart des Africains vivent, ces changements permettent une plus grande initiative locale de la part des organisations d'agriculteurs, des conseils d'administration de l'éducation et de la santé, et des gouvernements de communes rurales et de municipalités. Les Etats-Unis grâce à ses longues expériences sur le fédéralisme et des services de vulgarisation, sont bien équipés pour aider les Africains à améliorer ces organisations locales.

(269) Etablir des liens entre les programmes d'aide alimentaire d'urgence et les programmes de développement à long terme. Les urgences humanitaires demeureront. Ces dernières années, le gouvernement des Etats-Unis a accompli des progrès considérables en incorporant ses opérations d'aide d'urgence dans ses perspectives de développement à plus long terme. Ce genre de vision doit continuer de guider ces actions.

(270) Coordonner les programmes alimentaires et agricoles avec les programmes d'actions de combat contre le SIDA. La tragédie grandissante du SIDA pose un défi énorme. La FAO perdit que qu'au moins un quart d'ouvriers agricoles disparaîtront d'ici l'an 2020 dans les neuf pays (tous en Afrique australe et orientale) le plus touchés par le SIDA. Les technologies agricoles doivent être développées en tenant compte des besoins particuliers de ces économies rurales qui sont gravement limitées. L'agriculture et l'alimentation peuvent largement contribuer à la lutte contre le SIDA qui se propage rapidement dans des zones rurales. Par exemple, les agents de vulgarisation peuvent donner des conseils sur la santé et la nutrition, et les systèmes agricoles de distribution peuvent distribuer des préservatifs.

(271) Plus que jamais l'Afrique est à la croisée des chemins. Mais ceci peut être la dernière grande chance accordée à l'Afrique. Il y a d'énormes opportunités mais aussi d'énormes obstacles. Le succès pourrait signifier non seulement une réduction substantielle de la faim dans quinze années, mais aussi le commencement d'un cercle vertueux qui pourrait engendrer la réduction de la pauvreté, de la maladie et de la guerre sur une base élargie et continue. Ceci est une chance que nous devons saisir.

26. Une grande partie de cette discussion est tirée de Howard et al. Op. cit .

27. Voir Michael Fairbanks and Stace Lindsay, Plowing the Sea. Harvard Business School Press (Boston, Ma. 1997). Pour une perspective africaine voir Yumkella, Roepstorff, Viranchianchi and Hawkins, "Globalization and Structural Transformation in Sub-Saharan Africa," presenté à l'atelier de travail sur la Transformation Agricole en Afrique (Juin, 1999); http://www.aec.msu.edu/agecon/fs2/ag_transformation/atw_yumkella.pdf

28. James F. Oehmke and Eric W. Crawford.1993. "The Impact of Agricultural Technology in Sub-Saharan Africa: A Synthesis of Symposium Findings." MSU International Development Paper no. 14. East Lansing: Dept. of Agricultural Economics and Dept. of Economics, Michigan State University. http://www.aec.msu.edu/agecon/fs2/papers/idp14.pdf

29. Secrétariat du SPAAR. 1999. SPAAR/FARA Vision of African Agricultural Research and Development, op. cit. et la prochaine séance pleniere de SPAAR/FARA qui se tiendra du 2 au 7 Avril à Addis Abeba, Ethiopie.

30. Can Africa Claim the Twenty-First Century, op. cit., p.189

31. Bloom, David E. and Jeffrey D. Sachs, "Geography, Demography and Economic Growth in Africa," Brookings Papers on Economic Activity 2.

32. Voir Can Africa Claim the Twenty-First Century, p.140.

33. Cette partie est basée en grande partie sur l'article écrit par Jayne, et. al, "Improving the Impact of Market Reform on Agricultural Productivity in Africa: How Institutional Design Makes a Difference," MSU International Development Working paper no. 66, 1997. http://www.aec.msu.edu/agecon/fs2/papers/idwp66.pdf

34. Mais si le gouvernement peut se procurer 16% du PIB en utilisant des moyens efficaces pour percevoir les impôts, et si les donateurs y ajoutaient 4%, alors il serait possible de couvrir les dépenses publiques nécessaires (en pourcentage du PIB-5% pour l'éducation, 2% pour la santé, 6% pour l'infrastructure et l'agriculture, et le reste pour l'administration générale, la défense et la sécurité intérieure) sans emprunter. De ces 20%, le ratio dépenses de fonctionnement/compte de capital devrait être probablement dans l'ordre de trois a un, 15% pour les dépenses de fonctionnement et 5% pour l'investissement. Ceci permettrait le gouvernement a épargner au lieu d'emprunter.

35. Pour l'ASS sans le Nigéria et l'Afrique du Sud, l'aide officielle au développement nette est de 13,4 milliards de dollars US, soit 27 dollars US par personne. Cette somme représente7,6% du PIB ou 38,5% de l'investissement national brut.

36. Voir Lori Bollinger and John Stover, "The Economic Impact of AIDS," (The Futures Group, 1999).

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