Food Security II
  -African Hunger

STRATEGIE POUR LA REDUCTION DE LA FAIM EN AFRIQUE

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Commandé par: Le Comité Technique du Partenariat pour la Réduction de la Faim en Afrique

Rédigé par
Jerome M. Wolgin*

Version du 26 Mars, 2001
Introduction par le Comité Technique
du Partenariat pour la Réduction de la Faim en Afrique

Ce document est un diagnostic préliminaire des défis à relever par les pays en Afrique sub-saharienne dans leurs efforts pour réduire de façon considérable la faim et la pauvreté dans la région. Le document suggère des actions stratégiques à prendre au niveau des Etats-Unis afin d'aider les Africains dans cette tentative. Ce document a été commandé par le Partenariat pour la Réduction de la Faim en Afrique afin de s'en servir comme instrument de synthèse des leçons retenues d'études précédentes, la plupart desquelles avait été réalisée par les Africains eux-mêmes. Le deuxième objectif est de solliciter les réactions des individus et des organisations tant africaines qu'américaines concernant le dit diagnostic et les plans d'action proposés. Leurs commentaires seront cruciaux pour l'élaboration d'un rapport final que le Partenariat soumettra à d'importants décideurs de politiques, aux ONGs et aux acteurs économiques lors d'une conférence programmé à Washington fin juin, 2001.

Nous demandons à tous les lecteurs de ce document de nous fournir leurs commentaires concernant:

pour aider les Africains à réduire la faim et la pauvreté sur le continent.

Nous apprécierons également vos commentaires concernant les actions à ne pas prendre par les agences et les organisations américaines.

Chaque paragraphe du texte a été numéroté afin que le lecteur puisse adjoindre son commentaire à un paragraphe spécifié. Nous vous prions d'assigner à chacun de vos commentaires spécifiques le numéro du paragraphe commenté.

Prière d'envoyer vos commentaires au comité technique du partenariat à l'adresse suivante:
e-mail: afhunger@aec.msu.edu
fax: 1-517- 353-1888
adresse postale: Le Comité Technique du Partenariat pour la Réduction de la Faim en Afrique
s/c Institute of International Agriculture
324 Agriculture Hall
Michigan State University
East Lansing, MI 48824-1039 USA
Nous vous remercions d'avance.

* L'auteur est un analyste de cadre supérieur du développement africain, qui a travaillé au Bureau pour l'Afrique de l'USAID pendant 20 ans. Il est présentement économiste principal dans le groupe du partenariat à la Banque Mondiale. Il lui a été demande d'écrire ce document pendant sa mise en disponibilité de la Banque Mondiale. Les opinions émises dans cet document reflètent les idées de l'auteur et les commentaires (sur les versions précédentes du document) reçus des membres du Comité Technique du Partenariat pour la Réduction de la Faim en Afrique en tant qu'individus aussi bien que des commentaires reçus des collègues africains. Par conséquent le contenu de ce document ne devrait pas être interprété comme une réflection des points de vue de l'USAID, de la Banque Mondiale, de Michigan State University, de University of Illinois, de Bread for the World, ou d'aucune autre organisation qui participe aux activités du Partenariat pour la Réduction de la Faim en Afrique.

Les membres du Comité Technique du Partenariat pour la Réduction de la Faim en Afrique sont les suivants:

Akin Adesina
Resident Representative for Southern Africa
The Rockefeller Foundation
Harare, Zimbabwe

David Atwood
Deputy Director, G/EGAD/AFS
US Agency for International Development
Washington, DC

George R. Gardner
Senior Agricultural Economist
USAID/AFR/SD/ANRE
Washington, D.C.

Jeff Hill
Agricultural Research Advisor
USAID/AFR-SD
Washington, DC

Julie Howard
Dept. of Agricultural Economics
Michigan State University
East Lansing, MI

T.S. Jayne
Department of Agricultural Economics
Michigan State University
East Lansing, Michigan 48824 USA

Earl Kellogg (ex-officio)
Associate Provost for International Affairs
University of Illinois at U-C
Champaign, IL

John Staatz
Dept. of Agricultural Economics
Michigan State University
East Lansing, MI

Michael Weber
Dept. of Agricultural Economics
Michigan State University
East Lansing, MI

Dennis Weller
Division Chief, Agriculture and Natural Resources
Africa Bureau USAID
Washington, DC

Jerome Wolgin
Principal Economist
World Bank
Washington, DC

STRATÉGIE POUR LA RÉDUCTION DE LA FAIM EN AFRIQUE

Table des Matières

Sommaire Exécutif .vi

Préface 1

Généralités 1

Le contexte africain en mutation 2

Politique et gouvernance 2

Politiques économiques 3

Pression démographique croissante sur les ressources foncières 4

Urbanisation. 5

Le VIH/SIDA 5

Le contexte international en mutation 6

Mondialisation 6

Nouvelles technologies 7

Flux de capitaux internationaux 8

La fin de la guerre froide .9

Pratiques changeantes des bailleurs de fonds 10

L'ouverture des marchés de l'OCDE 11

Le problème de la faim 11

Les Dimensions de la faim en Afrique 11

Pauvreté et faim 12

Le problème de la pauvreté 14

La solution de la pauvreté et de la faim 15

L'accélération de la croissance agricole comme engin d'une croissance stratégique 16

Quelles sont les caractéristiques saillantes de l'agriculture africaine? 16

Une stratégie basée sur l'agriculture pour réduire la faim 22

Le marché des produits alimentaires de base 22

Le marché des produits alimentaires de plus haute valeur 23

La transformation agro-industrielle 23

Les stratégies d'exportations 23

L'expérience africaine en matière d'exportations agricoles 24

Compétitivité dans la nouvelle économie mondiale 27

Changer le paradigme 28

Continuer à reformer le rôle de l'état 29

Développer un partenariat entre le secteur privé et le secteur public 30

Investir dans le savoir et dans la technologie ainsi générée 32

Investir dans l'infrastructure rurale 33

Donner pleins pouvoirs aux agriculteurs 36

Développer des dispositions sophistiquées pour la commercialisation des produits, l'application des contrats et le partage de risques 37

Conclusions 38

La mobilisation des ressources 39

Capacité humaine a l'époque du SIDA 40

Gouvernance . 41

Vers une réponse des Etats-Unis 43

LISTE DES TABLEAUX

Tableau I: Intégration économique 7

Tableau II: Indicateurs nutritionnels pour les enfants dans quelques pays africains 13

Tableau III: Pauvreté et indicateurs de bien-être au Kenya en 1997 14

Tableau IV: Pauvreté dans 21 pays africains pendant les années 90 15

Tableau V: Les indicateurs agricoles pour l'Afrique, l'Asie et l'Amérique latine 21

Tableau VI: La part des principales cultures d'exportation africaines dans le

commerce mondial 25

Tableau VII: Exportations non-traditionnelles de quelques Pays africains 25

Tableau VIII: Indicateurs d'infrastructure par région 35

Tableau XI: Distribution de la bonne gouvernance 42

LISTE DES FIGURES

Figure1: Perspective sur la superficie de l'Afrique 17

STRATÉGIE POUR LA RÉDUCTION DE LA FAIM EN AFRIQUE

Sommaire Exécutif

OBJECTIF: Le but de ce document est de mettre au point une stratégie bien définie et réalisable destinée à réduire la faim en Afrique au cours des quinze années à venir. Il est peut être trop tard pour réaliser les objectifs du sommet mondial de réduire la faim de moitie d'ici 2015, mais des progrès substantiels peuvent être accomplis si les communautés africaines et internationales abordent les problèmes de la faim de manière sérieuse. Le présent document ne doit en aucun cas constituer le point final, mais plutôt un point de départ pour un débat nouveau et accéléré entre chercheurs africains et américains, praticiens et leaders politiques; un débat où les idées exposées seront reformulées et améliorées.

Un tel débat devrait aboutir à deux réalisations importantes: une stratégie qui fait l'unanimité en ce qui concerne la réduction de faim en Afrique, et un engagement politique de la part des décideurs de politiques américains et africains quant à l'application de la stratégie adoptée. Ceci exigerait des Africains la mise en place de changements politiques importants. Du coté américain, cela nécessiterait l'obligation à rendre ses marchés plus accessibles et à mobiliser les ressources (publiques, privées, financières et intellectuelles) nécessaires à la réalisation de ladite stratégie.

CHANGEMENTS ET OPPORTUNITÉS: Depuis l'indépendance, la plupart des pays africains au sud du Sahara ont fait des progrès limités dans leurs efforts pour réduire la pauvreté et la faim. Alors, pourquoi l'Afrique et la communauté internationale devraient être aujourd'hui optimistes après tant d'échecs dans le passé? Au cours de ces dernières décennies il y a eu beaucoup de changements tant dans le monde qu'en Afrique. De nos jours, il existe autant de nouvelles opportunités que de nouveaux défis.

En Afrique: les vieilles institutions politiques basées sur les modèles autoritaires ont fait place à de nouvelles démocraties. Les gens s'attendent à plus de leurs gouvernements que la simple rhétorique dont ils se contentaient par le passé. Bien que les institutions et les comportements démocratiques commencent seulement à voir le jour, il y a des raisons de croire que les politiques gouvernementales deviendront plus favorables aux pauvres au fil du temps.

Les politiques économiques ont aussi évolué. La plupart des pays comprennent maintenant l'importance de la stabilité macro-économique, de l'ouverture des marchés et l'assouplissement des règlements et des contrôles gouvernementaux. Dans le secteur agricole, ceci a engendré une plus grande libéralisation des marchés et de meilleurs moyens d'inciter les agriculteurs à plus d'efficacité, bien qu'il faut reconnaître qu'en ce qui concerne les reformes, les volte-face sont toujours possibles.

Si l'urbanisation croissante a fait naître des marchés plus grands et plus différenciés pour les produits agricoles, la pression de la population sur une base limitée de ressources naturelles continue.

Enfin, le fléau du SIDA continue d'affecter les sociétés africaines de façons diverses, partant de la réduction de la sécurité des revenus des personnes âgées, à l'augmentation du nombre des orphelins, à la réduction de la main d'oeuvre disponible, à la diminution des épargnes et du désir d'épargner.

L'économie mondiale: Dans le même temps, l'économie mondiale change rapidement aussi:

le terme mondialisation, le développement des liaisons entre les différentes économies du monde, est devenu synonyme des changements récents dans l'économie mondiale. Pour beaucoup de gens, la mondialisation est considérée comme un danger pour les emplois, la culture, la protection de l'environnement et les conditions de travail. Pour d'autres, cependant, la mondialisation représente plutôt une opportunité pour la découverte de nouveaux marchés ouverts à de nouveaux produits à des prix élevés, l'implication étant une augmentation des emplois et des salaires. Les échanges commerciaux dans des produits et des services ont augmenté de 21% du Produit Intérieur Brut (PIB) à 28% en dix années.

La mondialisation est aussi considérée comme l'intégration des marchés financiers et comme de nouveaux flux de fonds d'investissement privés, directement et sous forme d'investissements de portefeuille, du Nord au Sud. Les flux de fonds d'investissement privés dominent l'assistance officielle par un facteur de 10:1. Cependant, ces flux de fonds ont un caractère volatile et sont en général concentrés dans quelques pays importants.

La mondialisation a aussi signifié la disponibilité de nouvelles technologies, particulièrement dans les domaines de la biotechnologie et de l'informatique, ce qui peut épargner aux pays moins développés des étapes intermédiaires du processus de développement, tels que les investissements coûteux dans les câbles souterrains, en adoptant directement la technologie de la télécommunication sans fil.

La fin de la guerre froide a changé les attentes et les rôles des pays occidentaux en Afrique; aujourd'hui les Etats-Unis sont en train de réévaluer leurs relations avec ces pays, en suivant une logique qui est basée sur des actions à long terme quant au partenariat économique et les produits publics mondiaux.

En même temps, l'aide à l'étranger, en terme réel par personne, a baissé et est devenu plus compartimenté; l'aide a été détournée des secteurs immédiatement productifs tels que l'agriculture vers les secteurs de développement humain incluant la santé et l'éducation.

Ces changements offrent de nouvelles opportunités et de nouveaux problèmes. Ce document présente un syllogisme assez simple:

STRATEGIE PROPOSEE: La question cruciale devient alors comment accélérer la croissance agricole. Ce document présente sept éléments importants d'une stratégie pour réduire la pauvreté guidée par le développement de l'agriculture:

1. Changer le paradigme: Les pays africains et leurs partenaires du Nord doivent avoir une vision à long terme qui tient compte des investissements dans l'économie rurale, l'ouverture des marchés et la dépendance sur l'initiative privée et l'investissement privé comme facteurs-clefs pour la réduction la faim et la pauvreté.

2. Continuer la réforme du rôle de l'état: Dans la nouvelle économie globale, l'état a un rôle crucial mais beaucoup plus différent que celui pratiqué traditionnellement en Afrique. L'état doit créer les infrastructures physiques et institutionnelles (les règlements, les normes, les moyens pour faire respecter les contrats, etc.) nécessaires à un fonctionnement efficace des marchés.

3. Développer un partenariat entre le secteur privé et le secteur public: Encore plus, l'état doit former des partenariats avec les secteurs privés, aussi bien lucratifs que non-lucratifs, pour réaliser les objectifs de la nation. Dans plusieurs domaines tels que la recherche agricole, un partenariat entre le secteur privé et le secteur public peut réduire le coût et augmenter l'efficacité de la provision de services cruciaux traditionnellement considérés comme relevant de la seule responsabilité de l'état.

4. Investir dans la génération de la technologie et du savoir: Une amélioration de la technologie des produits vivriers et des produits de rente est cruciale pour augmenter la productivité agricole. Le savoir est un facteur crucial lié à la technologie de production du 21ème siècle. Les gouvernements africains doivent développer des politiques telles que la levée du contrôle des télécommunications qui réduisent les coûts et rendent le savoir plus accessible. Les gouvernements africains et leurs partenaires doivent investir à tous les niveaux dans le secteur de l'éducation et encourager aussi la création d'établissements privés d'éducation.

5. Investir dans l'infrastructure rurale: Pendant des années, les gouvernements africains ont favorisé les zones urbaines au détriment des zones rurales. Ce comportement doit être modifié afin d'investir dans les zones rurales, notamment dans le transport, l'hydrologie, l'électricité et les télécommunications. Au niveau du secteur agricole, les coûts de transaction élevés sont dus aux échecs politiques, à la médiocrité de l'infrastructure, et aux basses densités des populations. Ces coûts de transaction élevés amoindrissent la capacité concurrentielle du secteur agricole.

6. Donner pleins pouvoirs aux agriculteurs: Les nouveaux essais démocratiques permettent aux agriculteurs de s'organiser pour la première fois dans le cadre de coopératives indépendantes et de groupes affiliés. Ceci permet aux agriculteurs d'acheter des intrants, de vendre leurs produits, d'obtenir des crédits, de donner des conseils aux membres et de faire pression de manière efficace pour des changements des politiques. Les gouvernements doivent créer l'environnement légal et politique pour encourager cette initiative.

7. Développer des dispositions sophistiquées pour la commercialisation des produits, l'application des contrats et le partage de risques: En Afrique, les marchés demeurent fragmentés, personnalisés, et incertains. Les gouvernements doivent contribuer à l'amélioration de l'information sur les marchés, au développement de méthodes plus sophistiquées pour mieux gérer les normes de qualité, à l'augmentation de la dimension du marché en réduisant les barrières au commerce régional, et, par-dessus tout, au développement d'une cohérence des politiques.

QUESTIONS FONDAMENTALES: Ce document traite aussi de trois questions importantes qui doivent être discutées pour garantir le succès de la présente stratégie:

Les ressources: Il y a eu une baisse considérable de l'aide à l'étranger au cours des années 90. Les flux d'investissement privés ont augmenté ailleurs, mais pourtant ils n'ont pas permis de combler le manque à gagner causé par la baisse de l'aide à l'Afrique. L'allégement de la dette sous l'initiative de HIPC sera utile mais pas suffisant. Les pays de l'OECD doivent renouveler leur engagement à fournir de l'aide aux pays africains qui aujourd'hui, en conséquence de la libéralisation politique et économique, sont plus capables d'utiliser toutes formes d'aide à bon escient. C'est ironique que cette aide à l'étranger baisse au moment où l'OECD elle-même s'est engagée à réaliser d'importants objectifs de développement et que les pays africains ont entrepris une réforme profonde et pénible. D'autre part, ces réformes doivent être encore plus profondes afin que les économies africaines attirent les investissements croissants, tant nationales qu'étrangers.

Le SIDA: Il n'y a aucun doute que la pandémie du SIDA a le potentiel d'augmenter considérablement la pauvreté et la faim et de réduire la capacité d'accélération de la croissance économique des pays où la fréquence de ce fléau est moyenne ou élevée. Au niveau macro-économique, le SIDA réduira grièvement la quantité de main-d'oeuvre qualifiée, soit par la mort ou par la morbidité et contribuera ainsi à la réduction des épargnes privées. Au niveau des ménages, les conséquences peuvent être graves. Les ménages pauvres ont une petite marge de manoeuvre quant à l'épargne et au revenu. Une maladie causée par le SIDA mène à l'augmentation du temps consacré à s'occuper de la personne atteinte, à la perte de la main d'oeuvre provenant du membre de famille infecté, à l'augmentation des dépenses allouées aux soins médicaux et aux funérailles. Il faut souligner que cet document n'a pas la prétention de proposer une stratégie pour combattre le SIDA. Néanmoins, ce qu'il faut retenir c'est que toute activité et tout programme conçu pour le développement en Afrique sub-saharienne doit inclure une prévision non seulement des effets éventuels du SIDA sur le succès du programme mais aussi de l'impact du programme sur la propagation du SIDA.

Gouvernance: Malgré les changements au cours de ces dernières décennies, les gouvernements africains font face à un grand nombre de problèmes difficiles. Comment construire un état-nation à partir de tant de groupes ethniques? Comment faire du gouvernement un instrument efficace capable d'offrir d'importants services économiques et sociaux? Comment distribuer équitablement les bénéfices du système politique? Comment passer de la fidélité au parti et à l'individu à la fidélité à l'état et au gouvernement? Comment développer des institutions telles qu'une presse libre et responsable? Comment réduire la taille du gouvernement afin qu'il soit moins dispersé? Comment passer d'un d'un système de réglementation par des individus à un système d'état de droit? Ce sont là des problèmes extrêmement difficiles, mais à moins que l'Afrique ne les résolve, la lutte contre la pauvreté et la faim échouera.

Alors, la question suivante se pose: cette stratégie est-elle réalisable? Pas partout, et peut-être, pas dans la plupart des pays africains en ce moment. Il est probablement nécessaire de commencer un travail à une grande échelle avec quelques pays africains qui remplissent déjà certaines des conditions préalables au succès d'une telle stratégie-l'Ouganda, le Mali, le Mozambique, le Ghana, le Nigéria, probablement le Kenya et le Ethiopie, et le plus important, l'Afrique du Sud. Dans d'autres pays, peut-être que quelques parties seulement de tout l'agenda stratégique présenté ici peuvent être mise en application. Mais ce développement à des degrés divers peut constituer une opportunité d'apprentissage et de partage d'expériences pour les pays africains.

Plus que jamais l'Afrique est à la croisée des chemins. Mais ceci peut être la dernière grande chance accordée à l'Afrique. Il y a d'énormes opportunités mais aussi d'énormes obstacles. Un succès pourrait signifier non seulement une réduction substantielle de la faim dans quinze années, mais aussi le commencement d'un cercle vertueux qui pourrait engendrer la réduction de la pauvreté, de la maladie et de la guerre sur une base globale et continue. Ceci est une chance qui ne devrait pas nous échapper.

VERS UNE REPONSE DES ETATS-UNIS: Les efforts américains doivent être orientés vers des actions permettant de stimuler les économies africaines, de réduire la pauvreté, et d'aider les pauvres à se nourrir eux-mêmes. Les Etats-Unis doivent prêter leur assistance aux nations africaines pour améliorer la performance de l'agriculture et du système agro-alimentaire. Cependant le développement implique beaucoup plus que la croissance économique. Cela implique l'amélioration du bien-être et la mise à la disposition de tout individu les opportunités lui permettant d'atteindre tout son potentiel. Mais sans une croissance économique globale, les pays africains manqueront de ressources nécessaires pour financer leurs systèmes médicaux, leurs écoles, et les programmes de protection des pauvres. Une croissance économique à base élargie résultant des améliorations du secteur agro-alimentaire peut contribuer considérablement à ces priorités de développement sus-citées et à d'autres priorités de développement importantes.

Les éléments de la nouvelle stratégie américaine seront développés encore plus dans les semaines à venir selon les réactions et commentaires de dirigeants et d'organisations clefs en Afrique et aux USA. L'aide des Etats-Unis pour la reduction la faim en Afrique devrait se baser sur l'expertise distincte des Etats-Unis. Il n'y a pas de solution miracle. La croissance économique en Afrique exige des efforts soutenus sur période de 15 à 20 ans. Des progrès tangibles à moyen terme peuvent être accomplis en aidant les nations africaines à:

1. Développer des programmes et des politiques qui renforcent la capacité des agriculteurs, des entreprises commerciales et des marchés afin qu'ils soient concurrentiels dans l'économie globale.

2. Renforcer l'éducation et la formation dans les zones rurales, et solidifier les institutions publiques.

3. Développer la recherche agricole et les programmes de vulgarisation pour exploiter les technologies existantes et nouvelles, telles que la biotechnologie et les technologies de l'information, pour promouvoir de nouveaux liens avec les entreprises commerciales et pour éviter les dommages à l'environnement.

4. Améliorer la gouvernance rurale.

5. Etablir des liens entre les programmes d'aide alimentaire d'urgence et les programmes de développement à long terme.

6. Coordonner les programmes alimentaires et agricoles avec les programmes d'actions de combat contre le VIH/SIDA.

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